L’étude sur le développement du tourisme « fluvestre »

La mutation du tourisme estuarien en perspective

étude tourisme fluvial 1Comment s’approprier pleinement la façade estuarienne plutôt que l’ignorer ? Comment imbriquer le tourisme fluvial et de plaisance, actuellement en plein essor sur l’estuaire de la Gironde, dans la stratégie globale de la CCB ? Comment faire en sorte que l’estuaire se pose comme facteur voire, comme catalyseur du développement de notre territoire ? Pour répondre à toutes ces questions, la Communauté de communes a lancé une étude sur «le développement du tourisme fluvial sur la façade estuarienne du canton de Blaye».

Les réponses apportées par les spécialistes en expertises navales et en aménagements nautiques sont sans ambiguïté : «l’avenir de la CCB est conditionné par la mise en tourisme de son territoire», estiment le consultant Maurice Geffrault et son collègue du Bureau d’études maritimes de Bordeaux, Richard Poulet.
Une première étape a été consacrée au diagnostic et aux premières orientations stratégiques.

Trois points forts

Trois points forts sont alors mis en évidence : la situation géographique du territoire, la dynamique politique des élus et la fréquentation touristique.
Disposant de tels atouts, plusieurs orientations stratégiques sont ensuite avancées. Tout d’abord «répondre de manière forte et visible aux besoins les plus urgents»«concentrer les travaux autour d’un pôle central principal pouvant servir de clé de voûte et d’articulation au projet». Il s’agit en parallèle de développer des produits touristiques en relation avec ce pôle. Point également essentiel, la création de «liaisons avec les autres centres d’intérêt de Blaye et du territoire», mettant en valeur les attraits touristiques entre le port de la Belle Etoile et Plassac.

Dans un second temps, l’étude propose un schéma de développement touristique communautaire à long terme : elle suggère plusieurs équipements structurants nécessaires à une politique touristique d’envergure. «Nous privilégions les enjeux économiques, les vecteurs d’identité et d’image ainsi que la réappropriation de l’estuaire par ses habitants», souligne l’un des spécialistes.

«Il est indéniable que Blaye, avec sa Citadelle, son classement Unesco et site Majeur, constitue la pierre angulaire d’un projet ambitieux et décisif pour l’avenir du canton et de la Haute-Gironde», insiste Maurice Geffrault, l’un des deux consultants à qui l’étude est confiée. «Mais cela ne veut pas dire que les autres communes de la façade estuarienne seront oubliées, bien au contraire», souligne-t-il immédiatement.

En effet, le projet s’articule autour d’un pôle principal (zone du port de Blaye), de deux pôles complémentaires (zone du port de Plassac ; zone des ports du Bernu et de la Belle Étoile) et d’une liaison fluvestre (des rives de Plassac à St Androny).

1/ Un port en pleine eau avec écluse à Blaye

La première étape du projet prévoit la création à Blaye d’un port en pleine eau (50 anneaux) avec une écluse comprenant une passerelle pour piétons ; l’aménagement d’esplanades et de cheminements tout autour du canal avec, notamment, un belvédère entre l’entrée du port et l’embarcadère du bac ; la construction en bas des allées Marines d’un bâtiment permettant d’accueillir l’Office de tourisme communautaire, les services du port et l’association Blaye Nautique. L’étude envisage également au nord la création d’un ponton visiteurs pour les bateaux de plaisance et d’une cale de mise à l’eau. «Ce programme vise à favoriser les liaisons estuaire – port – Citadelle et ville», explique le consultant.

2/ Réaménagement du port de Plassac

La deuxième étape concerne Plassac et suggère entre autres la mise en place d’un ponton de plaisance à l’entrée du port. L’étude envisage l’aménagement des parkings et la réhabilitation des quais. «Le caractère typiquement estuarien du port de Plassac, dans un milieu peu urbanisé, doit être préservé», estime Maurice Geffrault. Ce dernier préconise également la création d’un chemin de randonnée en direction de Blaye et de Bourg avec la réhabilitation des digues et des berges. Objectif : «créer un lien entre les différents sites touristiques qui jalonnent les rives de l’estuaire». L’étude suggère enfin la création, sur le parcours, de «chalets écolodge» – des infrastructures d’hébergement touristique (plutôt haut-de-gamme) dans un cadre naturel préservé.

3/ Des chemins de randonnées le long de l’estuaire

st genèsLa troisième étape s’attache à relier le port du Bernu (St Genès) à celui de la Belle Étoile (St Androny) par une liaison douce – chemin de randonnée pour piétons et vélos. A terme, les consultants soulignent l’importance de prolonger ces chemins jusqu’au port des Callonges d’une part et jusqu’à Blaye d’autre part.

 

Au final, les consultants ont chiffré l’ensemble de leurs propositions et envisagé 3 options, qui atteignent 3,7 M€ pour «l’indispensable», 4,3 M€ pour «le nécessaire» et 4,7 M€ pour l’ensemble des préconisations. Au vu du niveau d’investissement nécessaire pour réaliser ces projets, et compte tenu des opérations déjà engagées en faveur de la filière santé sur le territoire, le Plan pluriannuel d’investissements (PPI) n’envisage pas de les mener à bien avant 2016.